(SenePlus) - Le 31 mai 2002 à Séoul, le Sénégal créait la sensation en battant la France, tenante du titre, lors du match d'ouverture de la Coupe du monde. Un but de Papa Bouba Diop suffit aux Lions pour s'offrir l'un des plus grands exploits de l'histoire du football. Récit par Michael Cox dans The Athletic.
Le tirage au sort avait présenté cette affiche comme un choc entre la France et son équipe B. Vingt et un des vingt-trois joueurs sénégalais évoluaient dans des clubs français. L'argument avancé était simple : si ces footballeurs étaient vraiment talentueux, ils auraient choisi de représenter les Bleus plutôt que les Lions de la Teranga, analyse Michael Cox dans The Athletic.
Mais cette lecture occultait deux réalités fondamentales. D'abord, beaucoup de ces joueurs n'étaient tout simplement pas éligibles pour porter le maillot français. Ensuite, le Sénégal alignait une équipe redoutable, tactiquement disciplinée et dotée d'une vitesse dévastatrice en contre-attaque. C'est précisément cette arme qui allait faire chuter les champions du monde.
El-Hadji Diouf et la vitesse fatale
La défense française vieillissante composée de Lillian Thuram, Frank Leboeuf, Marcel Desailly et Bixente Lizarazu allait souffrir face à la vivacité d'El-Hadji Diouf. L'attaquant, sur le point de rejoindre Liverpool, établit un record peu enviable en étant signalé hors-jeu plus que tout autre joueur dans l'histoire de la Coupe du monde. Mais comme le note Michael Cox, cela n'avait aucune importance : il suffisait qu'il réussisse une seule fois.
Et cette fois arriva à la trentième minute. Diouf échappa au tacle désespéré de Leboeuf et remit le ballon en retrait pour Papa Bouba Diop. Le milieu de terrain marqua à la seconde tentative, offrant au Sénégal une avance qui allait tenir jusqu'au coup de sifflet final.
Un exploit qui n'en était peut-être pas un
Le résultat aurait pu basculer : la France toucha les montants à deux reprises, le Sénégal une fois. Mais au-delà de la surprise initiale, ce match révéla une vérité plus profonde. Le Sénégal n'était pas un simple outsider chanceux, mais une excellente équipe qui méritait sa place au sommet du football africain.
La France, privée de Zinedine Zidane jusqu'au dernier match de poules et visiblement diminuée quand il put enfin jouer, fut éliminée dès la phase de groupes. Le Sénégal, lui, poursuivit son aventure jusqu'en quarts de finale. Dans une Coupe du monde étrangement riche en surprises, aucune ne surpassa celle du match d'ouverture, conclut Michael Cox.
Ce triomphe des Lions de la Teranga face aux champions du monde reste gravé comme l'un des plus grands exploits de l'histoire du football africain. Plus qu'une simple victoire, ce fut la démonstration qu'une nation pouvait s'imposer face aux plus grands avec organisation, talent et détermination.