(SenePlus) - Pour la première fois depuis son limogeage à la tête du gouvernement, Ousmane Sonko a livré sa version des faits concernant la fin de sa collaboration avec le président Bassirou Diomaye Faye. Lors d’une déclaration devant les responsables et militants de Pastef, l’ancien Premier ministre a affirmé que la rupture avait été initiée par le chef de l’État à l’issue d’une audience tenue au Palais de la République le 22 mai dernier.
Selon lui, le président lui aurait signifié sa volonté de mettre fin à leur collaboration, estimant que certaines de ses prises de position récentes étaient devenues source de difficultés. « J’ai pris acte », a déclaré Ousmane Sonko, assurant avoir néanmoins rappelé au chef de l’État qu’il lui avait proposé à plusieurs reprises une solution alternative consistant à regagner l’Assemblée nationale tout en permettant à Pastef de désigner un nouveau Premier ministre.
L’ancien chef du gouvernement soutient avoir formulé cette proposition à trois reprises, notamment après les élections législatives remportées largement par son parti. D’après lui, cette option aurait permis de préserver la cohésion de la majorité tout en poursuivant la mise en œuvre du projet politique porté par Pastef.
Ousmane Sonko affirme également avoir demandé au président de différer l’annonce de son départ afin de permettre des discussions sur les modalités pratiques de la transition. Selon son récit, cette requête n’a pas été retenue et le décret mettant fin à ses fonctions a été annoncé quelques heures plus tard.
L’ancien Premier ministre assure toutefois que cette décision ne l’a pas surpris. « C’est une solution que j’attendais depuis très longtemps », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’il s’était fixé comme principe de ne jamais être à l’origine de la rupture avec le président de la République.
Au-delà de son départ du gouvernement, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de remise en cause de son mandat parlementaire. Il a accusé certaines institutions de poursuivre contre lui les mêmes pratiques qu’il affirme subir depuis son entrée en politique, évoquant notamment les procédures judiciaires et administratives dont il a fait l’objet au cours des dernières années.
Cette sortie marque un tournant majeur dans les relations entre les deux principales figures qui avaient conduit l’alternance politique de 2024, et ouvre une nouvelle phase dans le paysage politique sénégalais.