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Le Metropolitan Museum restitue de nouvelles antiquités, les saisies dépassent 95 millions de dollars
Une nouvelle vague de restitutions met en lumière l'ampleur du trafic international d'antiquités et renforce la pression sur le prestigieux musée new-yorkais.
 
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1006202
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(SenePlus) - Le Metropolitan Museum of Art (Met) de New York fait face à une nouvelle vague de restitutions d'antiquités soupçonnées d'avoir été pillées. Selon une enquête publiée le 30 juin 2026 par le New York Times, sous la plume des journalistes Graham Bowley et Tom Mashberg, le bureau du procureur de Manhattan a procédé, au cours du mois de juin, à la saisie de dizaines de nouveaux objets anciens destinés à être restitués à leurs pays d'origine, notamment la Turquie, l'Italie, l'Égypte et la Grèce.

Ces nouvelles saisies portent à plus de 120 le nombre d'objets majeurs récupérés au Met depuis 2017, auxquels s'ajoutent plusieurs centaines de fragments archéologiques et de petits artefacts. D'après l'inventaire du bureau du procureur de Manhattan, Alvin L. Bragg, la valeur totale des œuvres concernées dépasse désormais 95 millions de dollars, certaines ayant été estimées jusqu'à 26 millions de dollars.

Parmi les pièces récemment retirées figurent une cruche en terre cuite vieille de 3 700 ans provenant de Grèce, une tête en marbre grecque, une statuette en bronze du dieu Hermès datant d'environ 2 000 ans originaire de Turquie ainsi qu'un diadème en or de l'Égypte ancienne. Selon les experts mandatés par les enquêteurs, ces objets sont évalués entre 80 000 et 500 000 dollars. Leur retrait, officialisé le 9 juin, n'avait jusque-là jamais été rendu public.

Les autorités américaines expliquent que ces restitutions sont facilitées par une meilleure connaissance des réseaux internationaux de trafic d'antiquités qui ont alimenté, après la Seconde Guerre mondiale, les collections de nombreux musées et collectionneurs occidentaux. Les enquêteurs affirment avoir identifié des objets liés à des marchands d'art déjà soupçonnés de commercialiser des œuvres d'origine illicite, grâce notamment à des archives privées, des correspondances saisies et des témoignages de pilleurs.

Le Metropolitan Museum insiste toutefois sur le caractère coopératif de la procédure. Dans un communiqué cité par le New York Times, l'institution affirme avoir travaillé en étroite collaboration avec le bureau du procureur avant d'accepter la restitution des objets après un examen interne. Le musée souligne avoir considérablement renforcé ses recherches sur la provenance des œuvres grâce à une équipe de douze spécialistes chargés d'établir l'historique de chaque acquisition.

Cette coopération n'empêche cependant pas certaines divergences entre le musée et les enquêteurs. Le responsable de l'unité spécialisée dans le trafic d'antiquités au bureau du procureur, Matthew Bogdanos, estime que les saisies répétées au Met soulèvent une question fondamentale sur la capacité du musée à identifier lui-même les œuvres problématiques. Les deux institutions ne s'accordent d'ailleurs pas sur le nombre exact d'objets concernés : le Met évoque 198 pièces saisies depuis 2017, tandis que les enquêteurs avancent le chiffre de 348, en raison de méthodes de comptabilisation différentes.

L'enquête révèle également que plusieurs des antiquités concernées étaient exposées depuis des décennies dans les galeries du musée. Originaires notamment de Syrie, du Pakistan, de Turquie, d'Égypte et de Grèce, elles avaient intégré les collections du Met entre 1971 et 2001. Les enquêteurs indiquent que certains dossiers conservés par le musée mentionnaient encore la présence de terre sur certains objets lors de leur acquisition, un élément susceptible de révéler une fouille clandestine récente.

Face à ces révélations, le Metropolitan Museum affirme poursuivre un vaste travail de transparence. L'institution précise qu'aucun objet n'a été physiquement saisi dans ses salles d'exposition, le musée ayant lui-même emballé et remis les œuvres aux autorités. Depuis 2017, il assure avoir initié de sa propre initiative la restitution de 18 antiquités à leurs pays d'origine et indique mettre régulièrement à jour son site internet afin d'informer le public des restitutions effectuées.

L'affaire met également en lumière l'héritage controversé du marchand d'art américain Robert Hecht, décédé en 2012, longtemps considéré comme l'une des figures centrales du commerce international d'antiquités. Plusieurs œuvres récemment saisies lui sont associées, tout comme le célèbre cratère d'Euphronios, restitué par le Met à l'Italie en 2008 après des années de négociations. Selon le New York Times, le musée recensait encore récemment 43 œuvres liées à Hecht, à ses galeries ou à sa famille, tout en poursuivant ses recherches afin de déterminer lesquelles ont été exportées légalement.

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