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29 avril 2025
Economie
«LE BRT VA GENERER PLUS DE 1 500 EMPLOIS»
Sur l’utilité du projet, le ministre des Transports Oumar Youm parle de deux niveaux : social et environnemental. « Le projet va recruter plus de 1 500 emplois. Et pour cette première phase, il y a 380 emplois dont 300 sont Sénégalais.
Le ministre des transports terrestres a exprimé son satisfécit hier sur les chantiers du bus rapide transit (Brt) au niveau de la commune de wakhinane-nimzaat. «Je suis très satisfait de ce qui a été fait ici mais aussi des dispositions qui ont été prises par l’entreprise avec les instructions données par le chef de l’etat pour le respect des délais de délivrance de ces travaux», a fait savoir le Ministre Omar Youm
«Je suis impressionné par la mobilisation en termes de ressources humaines et matérielles avec ces unités de production que nous venons de visiter au niveau de la base, qui permettent d’accélérer la cadence du projet qui a un peu souffert du rythme de la Covid19. Nous avons constaté une réduction de cadence d’environ 30 à 40% sur l’essentiel des grands projets qui nécessitent une ressource humaine extérieure. C’est dire que Crbc est en train de réussir le pari du respect du délai», déclaré Me Omar Youm.
Le ministres des Infrastructures a aussi salué le degré d’engagement des collectivités territoriales. «L’autre aspect de satisfaction, c’est l’implication des collectivités territoriales, en collaboration avec l’administration territoriale, pour la libération des emprises et la conciliation avec les populations. Mettre les populations au cœur de l’action publique», a-t-il martelé. Sur l’utilité du projet Brt, le ministre des Transports parle de deux niveaux : social et environnemental. « Le projet va recruter plus de 1 500 emplois. Et pour cette première phase, il y a 380 emplois dont 300 sont Sénégalais.
Particulièrement, ces emplois sont domestiqués car ils répondent à une logique de ciblage pour prendre les jeunes sur les communes traversées par le projet. En termes de retombées environnementales, il y a aussi des atouts. Ce projet va cohabiter avec un autre projet de restructuration du réseau urbain qui est très important dans la région de Dakar pour l’amélioration du service de transport», ajoute-t-il. « Je suis ici en présence du Préfet du Département de Guédiawaye, des autorités territoriales et locales, et des entreprises pour mesurer le niveau d’organisation de tous les intervenants dans le cadre de ce très grand projet du Brt qui pose les jalons d’un transport collectif, structuré, moderne et performant», dit-il.
Sur le problème des travaux à ciel ouvert avec l’hivernage qui inquiète les populations du fait de la psychose de nouvelles inondations, le ministre des Transports rassure : « Cette requête a été portée tout de suite par le maire avec beaucoup de pragmatisme. L’Ageroute a pris note. Nous allons mettre en place un comité local pour évaluer les besoins et envisager des solutions durables pour les populations. »
LES PRODUCTEURS DE RIZ DANS LA TOURMENTE
Dans le département de Fatick, la production rizicole a connu une baisse à cause de la salinité des terres.
Dans le département de Fatick, la production rizicole a connu une baisse à cause de la salinité des terres. Les rizières ont presque tari dans l’arrondissement de Fimela où plus d’un tiers des surfaces cultivables sont affectés par le sel. Une situation préoccupante pour les producteurs de riz qui ne savent plus à quel saint se vouer.
L’agriculture fatickoise est fortement menacée aujourd’hui dans le département où la salinité gagne du terrain de jour en jour. La production rizicole a en effet connu une baisse considérable dans tout le département, notamment dans l’arrondissement de Fimela et dans la commune de Diouroup. Plus d’un tiers des terres cultivables sont aujourd’hui affectés par le sel. Une situation particulièrement préoccupante pour les partenaires, autorités administratives, mais aussi et surtout pour les producteurs qui ne savent plus à quel saint se vouer. «Nos rizières ont presque toutes tari», relève Babou Gning qui ajoute que les populations de cette partie de la région de Fatick peinent depuis trois ans à faire une assez bonne production rizicole
. « Si le riz arrive à maturation, il y a toujours l’effet du sel qui fait que cela sèche rapidement.» Conséquence : la production est quasi inexistante. «Par exemple, dans la commune de Djoffior, à Djilas, Fimela, la vallée de Kobongoy jusqu’à Palmarin, la production de riz y est impossible depuis des années», ajoute le représentant du Programme de Résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle du Sahel (P2RS) à Djoffior. Et pourtant, des ouvrages hydro-agricoles sont construits un peu partout dans ces localités. Une situation qui interpelle plus d’un, si l’on se fie aux déclarations des techniciens de l’agriculture dans la zone. «Nous croyons que ce sont les aménagements intérieurs et la gestion des ouvrages qui posent problème», a soutenu Babou Gning qui préconise un apport organique pour récupérer ces terres salées.
La divagation des animaux constitue également un frein à l’atteinte des objectifs pour l’autosuffisance en riz dans le département de Fatick. Selon Ousmane Diédhiou, sous-préfet de l’arrondissement de Fimela, des plaintes sont chaque jour déposées à son niveau pour cause de divagations d’animaux dans les champs d’autrui. Septième région productrice de riz au Sénégal l’année dernière, Fatick est en passe de faire partie des dernières régions à produire du riz dans le pays. Ce, malgré le courage et la détermination des producteurs.
«NOUS AVONS FAIT FAUSSE ROUTE ET BEAUCOUP DEPENSE»
Meissa Babou, économiste, pense que le Sénégal est plutôt victime de la politique financière d’Amadou Ba que de la pandémie de covid-19.
Il ressort de la mission virtuelle tenue par le fonds Monétaire International du 2 au 12 juin 2020 qu’avec la covid-19, le déficit budgétaire du Sénégal est prévu cette année à un taux de 6,1% du pIb. une prévision rendue publique quelques jours après que l’agence de notation Moody’s a placé la notation de notre en revue pour dégradation. Analysant les conséquences de cette situation sur l’économie du Sénégal pour «L’As», l’économiste Meissa Babou estime que le Sénégal a fait fausse route et a beaucoup dépensé sans en tirer les fruits. Mieux, il pense que le Sénégal est plutôt victime de la politique financière d’Amadou Ba que de la pandémie de covid-19.
La pandémie de Covid-19 va sans aucun doute exacerber la santé budgétaire de bon nombre de pays. Pour ce qui est du nôtre, le Fmi vient de le confirmer. Avec la crise sanitaire qui a entraîné une profonde récession économique, le Sénégal va connaître en 2020 un déficit budgétaire prévisionnel de 6,1% du PIB.
A en croire l’économiste Meissa Babou, ce déficit se justifie avec cette pandémie. Mieux, dit-il, le Sénégal a peut-être même des dépenses extra budgétaires de presque 1000 milliards qui n’étaient pas prévues. « Donc, nous sommes allés emprunter en plus de tout ce qui était prévu dans l’ordre de 4% de déficit budgétaire. Et, si vous y ajoutez les nouveaux emprunts pour lutter contre la Covid-19, on se retrouve effectivement dans une situation comme celle-là avec un déficit budgétaire assez élevé », analyse l’économiste.
En outre, renseigne-t-il, ce déficit budgétaire risque même de perturber le bon démarrage du deuxième Programme d’Action Prioritaire de la seconde phase du Plan Sénégal Emergent, prévu entre l’échéance 2019-2023. « Le PAP II, comme beaucoup d’investissements qui étaient prévus pour l’objectif 2020, est à l’eau parce qu’on a retiré plus de 400 milliards dans ce budget dont 200 milliards d’impôts non recouvrés et d’annulation de quelques frais », explique-t-il. Bref, selon Meissa Babou, tous les financements sont aujourd’hui à revoir car Covid-19 oblige. A cet effet, il invite le gouvernement à revoir sa stratégie et à être plutôt dans ce que le Ministre de l’Economie, du Plan et de Coopération, Amadou Hott a appelé un nouveau PSE II. C’est-à-dire, résume-t-il, un PSE qui va tenir en compte désormais de beaucoup de choses par rapport aux leçons reçues de la pandémie.
Et l’économiste pense que le PAP II ne peut pas échapper à cette réorientation stratégique du gouvernement. Sur un autre registre, le déficit budgétaire risque de constituer un frein pour l’adoption de la nouvelle monnaie unique de la zone monétaire ouest africaine. Les Etats doivent remplir au moins quelques critères dont un déficit budgétaire de 3%. Mais selon Meissa Babou, ce sera dommage car beaucoup de pays ne pourront pas respecter les critères de convergence à cause d’un déficit budgétaire, un taux de croissance un peu minimal ou un niveau de dette très élevé parce que tous les pays sont en train de s’endetter. Car, dit-il, nous sommes dans une situation exceptionnelle avec des conditions de redémarrage de l’activité économique très difficiles. Pour lui, la situation actuelle recommande deux choses : soit aller vers la mise en place de la monnaie unique avec ces critères, soit alors repousser l’échéance. A cet effet, indique-t-il, les critères ne doivent pas être un frein. Mais, dit-il, c’est aux Chefs d’Etats de décider.
MOODY’S PLACE LA NOTATION DU SENEGAL SOUS REVUE EN DEGRADATION
Le placement de la notation du Sénégal était prévisible bien avant sa participation à l’initiative de suspension du service de la dette (ISSD). C’est l’avis de l’économiste Meissa Babou. Car, note-t-il, le Sénégal était à quelques points du niveau d’endettement plus élevé de 70%. Mieux, dit-il, récemment, le Sénégal a bénéficié des financements de la part des institutions financières qui avoisinent les 550 milliards. Donc, conclut l’économiste, la coupe était déjà pleine. Et puis, ajoute-t-il, à force de crier pour obtenir l’annulation de la dette, cela a fait peur à beaucoup d’investisseurs qui vont se dire que le Sénégal a des problèmes.
Ensuite, argumente-t-il, les bailleurs comprennent parfaitement que le Sénégal est un pays où quand l’économie ne va pas, la fiscalité aussi va souffrir. « Si, on met tout cela ensemble avec un taux de croissance prévu seulement de 1,1%, cela signifie que ce pays n’aura plus moyen, d’ici quelques années plus tard, de faire face à ses engagements », estime Meissa Babou.
Par ailleurs, commente-t-il, si un Etat craint ses notations, c’est parce que d’abord, cet Etat n’a plus de caution sur le marché. Ensuite, poursuit-il, les créanciers privés vont prêter au pays à des taux élevés. Parce que, dit-il, ce pays devient un pays à risque et c’est très mauvais pour un Etat d’être très mal vu par les bailleurs de fonds. « Je pense qu’on ne doit pas seulement imputer la situation à la Covid-19 car bien avant, nous étions dans une situation difficile. La preuve par la dette intérieure qu’on ne peut pas payer et toutes les autres difficultés de trésorerie qui continuent à être dénoncées. Je crois que tout cela est imputable à la mauvaise politique financière engagée par Amadou Ba depuis plus de 7 ans », martèle-t-il.
Avec cette posture, prévient-il, le Sénégal va perdre dans le marchandage parce que nous avons perdu la crédibilité et la confiance des bailleurs. Et dans ce cas, dit-il, les taux d’intérêt vont flamber. Pire, ajoute il, nous risquons de nous retrouver avec des fonds que l’on appelle des fonds vautours qui vont creuser davantage notre déficit. « Je pense que nous avons fait fausse route et que nous avons beaucoup dépensé. Aujourd’hui, si on fait le diagnostic, les Sénégalais ne peuvent pas dire par où est passé cet emprunt colossal de plus de 9 000 milliards sans compter les budgets qui sont votés tous les ans et aussi notre fiscalité qui pèse plus de 2500 à 3000 milliards par année », estime Meissa Babou. Avant d’indiquer que le Sénégal a un problème d’utilisation rationnelle des ressources. C’est pourquoi, conclut-il, non seulement le gouvernement peine à survivre, mais aussi les citoyens sont en train de payer les pots cassés avec des denrées dont les prix ne cessent de flamber.
«LE VIRUS FERA PLUS DE MAL A L’ECONOMIE QU’A LA SANTE»
Thierno Thioune, maitre de conférences titulaire en économie à l’Ucad et non moins directeur des études du centre de recherche et de formation pour le développement économique et social (Crefdes) est formel
Le maitre de conférences titulaire en économie à l’Ucad et non moins directeur des études du centre de recherche et de formation pour le développement économique et social (Crefdes) est formel. La covid-19 fera plus mal à l’économie qu’à la santé. Dans cette interview accordée à Sud Quotidien Thierno Thioune, invite ainsi les décideurs politiques à repenser le modèle économique de développement basée sur le développement d’une industrie nationale; la création d’entreprises publiques, la planification et l’intégration économique régionale.
A la lecture des rapports d’institutions internationales notamment la Banque Mondiale, l’OCDE ou la BAD, de mauvaises perspectives planent en 2020 en Afrique avec la Covid19. Comment le continent africain pourrait-il se relancer?
Penser à surmonter de manière rapide la crise de Covid19 serait un acte de foi pour l’Afrique malgré qu’elle soit pour le moment le continent le moins touché grâce vraisemblablement à l’atout de la jeunesse de sa population dont 60 % ont moins de 25 ans. Les perspectives mondiales sont très incertaines. Vous l’avez dit, la Banque Mondiale dresse un tableau sombre des perspectives en 2010 pour l’Afrique. Dans un de ses récents rapports, elle a montré clairement que la crise de la Covid-19 risque de provoquer une crise alimentaire en Afrique. Elle estime que la contraction de la production agricole risquerait d’atteindre entre 2,6 % dans le scénario optimiste et jusqu’à 7 % en cas de blocages commerciaux du fait que les pays se sont repliés sur eux en fermant leur frontière provoquant un fort recul des importations de denrées alimentaires de 13 à 25 % L’Organisation de coopération et de développement économique (Ocde) est formelle, le virus du Coronavirus (Covid19), même mondial, rencontre des réalités locales qui ne sont que propres à l’Afrique de l’Ouest. Par exemple, comment en Afrique de l’Ouest on pourrait se protéger contre la Covid19 si on a un accès limité aux installations de base pour le lavage des mains? Dans une telle région où la plupart des populations habitent une agglomération urbaine très dense, que faire pour respecter la distanciation sociale? Que se passe-t-il quand confinement rime avec perte des revenus et des moyens de subsistance? Pour sa part, la Banque africaine de développement (Bad) en mettant en place le projet d’appui en faveur des pays membres du G5 Sahel pour la lutte contre la Pandémie à Coronavirus (Covid-19) anticipe sur les difficultés de ces pays en pareil contexte de pourvoir faire face à la fois à l’enjeu sécuritaire et épidémique.
Comment l’Afrique doit juguler sous industrialisation et politiques économiques viables pour des économies plus résilientes?
Dès lors, une quelconque relance se fera ou ne se fera pas sans véritablement penser à l’industrialisation (entendez par là industrialisation agricole, industrialisation médicale…) du continent. Aujourd’hui, le PIB industriel demeure très faible dans toute l’Afrique. C’est un réel indicateur de la sous-industrialisation du continent qui ne laisse apparaitre qu’une classe moyenne africaine encore faible comptant 150 millions d’individus en 2018, un chiffre qui devrait bondir à 210 millions d’ici à fin 2020 et 490 millions en 2040 sur une population estimée à 2 milliards d’individus à l’horizon 2050. A côté de la plupart des systèmes sanitaires des pays du continent demeurant vulnérables et fragiles, tout cela laisse à croire que beaucoup de facteurs seraient susceptibles de contrarier les mesures d’endiguement et d’atténuation mises en place, pour une relance ou une reprise économique envisageable. Au Sénégal par exemple est notée une densité de médecins de 0,7 pour 10 000 habitants et plus d’un tiers des habitants de l’Afrique de l’Ouest n’ont pas d’installation pour se laver les mains chez eux, il ne serait pas ubuesque de penser que la tâche reste titanesque dès lors qu’il s’agira de juguler à la fois les réponses budgétaires intégrant les interventions de protection sociale nécessaire destinées aux ménages et au secteur informel d’une part et d’autre part bâtir et redynamiser à la fois un système sanitaire viable concomitamment à la capacité à mobiliser les ressources nécessaires au financement des programmes de relance seul gage à semer les graines pour une relance et pour rendre nos économies plus résilientes.
Le continent africain peut-il compter sur la clémence des bailleurs pour une annulation de la dette et au pire des cas un report des échéances du service de la dette ?
Très probablement, on pourrait répondre par l’affirmative au regard des différentes initiatives notées depuis l’apparition de la covid-19. On se rappelle encore de l’appel du Président de la République Macky Sall pour l’annulation de la dette publique africaine qui avait suscité un écho favorable avec l’invite du Pape François pour une réduction ou annulation de la dette qui pèse sur les budgets des pays les plus pauvres. Par la suite le Sénégal a participé à l’Initiative de suspension du service de la dette (Issd) qui s’est matérialisée par la suspension du paiement du principal et des intérêts dus à l’ensemble des créanciers du secteur bilatéral officiel jusqu’au 31 décembre 2020 pour un montant de 90,57 milliards de francs CFA (137 millions d’euros), soit 13,51% du service de la dette extérieure dû en 2020. Au fond, c’est véritablement un mixte de décisions (une dose d’allégement, une dose d’annulation et une dose d’accompagnement de financement concessionnel des institutions financières) qu’il faudrait concevoir.
Beaucoup de pays ont manifesté leur participation à l’Issd, mais y a-t-il des initiatives régionales pour la relance économique?
Le processus est enclenché. Déjà les institutions financières africaines proposent des réponses assez ambitieuses. La BAD met en place une obligation sociale «Combattre l Covid-19» de 3 milliards USD et une facilité de réponse à la Covid-19 de 10 milliards USD. La BCEAO appuie (même si elle peut être jugée de timorée) les établissements de crédits et des entreprises pour les aider à faire face à l’épidémie. La BOAD accorde 120 milliards FCFA de prêts concessionnels pour financer des mesures d’urgence dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire. Suite à la proposition faite au G20 d’accorder un financement d’urgence de 150 milliards USD au continent, les ministres africains des Finances ont coordonné un appel à une relance économique immédiate à hauteur de 100 milliards USD. Le Fonds monétaire international (Fmi) a approuvé un allégement immédiat de la dette de 25 pays pauvres au cours des 6 prochains mois. Parmi ces pays, 11 se trouvent en Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Sierra Leone, Tchad et Togo. C’est dire que même si Cesar Calderon, économiste principal à la Banque mondiale, estime que « les mesures immédiates sont importantes, mais seul un allégement de dette permettra d’injecter les ressources indispensables pour lutter contre la pandémie et préserver la stabilité macroéconomique de la région », pour ma part il est vital, et j’en suis convaincu, pour le financement des projets ambitieux de développement d’aller plus loin, c’est à dire, penser à une annulation pure et simple ne serait-ce qu’une partie d’une certaine dette dite multilatérale et/ou bilatérale.
De manière générale la mise en place de la zone de libre-échange est-elle une opportunité pour la CEDEAO, l’UEMOA et le Sénégal en particulier ?
Elle peut l’être. En réalité pour faire de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) un pari gagnant-gagnant pour tous les pays de la CEDEAO, de L’UEMOA et pour le Sénégal, certains préalables assez importants s’imposent. Ils passent notamment au renforcement des capacités productives, à l’amélioration des infrastructures liées au commerce, à l’accessibilité au financement du commerce pour une facilitation des échanges. Véritablement, la mise en œuvre de la Zlecaf offre une opportunité de diversification économique par le biais de la création de chaînes de valeur régionale intégrées, ainsi que du démantèlement des barrières tarifaires et non tarifaires. De ce point de vue, c’est sans nul doute que la Zlecaf constitue une véritable opportunité au sens que les secteurs d’activités (l’agriculture, l’élevage, les industries alimentaires, les industries extractives, chimiques, de tabac...) mais également le pouvoir d’achat des ménages connaitront une amélioration notoire. C’est dire que la Zlecaf est aujourd’hui plus pertinente que jamais. Elle a le potentiel de stimuler le commerce intra-africain, de promouvoir une intégration régionale plus forte et, à terme, des économies plus résilientes face à une récession mondiale. Dans cette perspective de l’après Covid19, la Zlecaf pourrait servir d’amortisseur efficace à la crise selon Mayaki ; cette pandémie serait alors l’occasion d’accélérer encore l’intégration à travers le continent.
Il n’y a-t-il pas urgence de rebâtir notre modèle économique, bâti sur l’industrialisation, le numérique, l’éducation?
Ce virus fera plus de mal à l’économie qu’à la santé. Je suis formel. L’ADN (Acide désoxyribonucléique) de l’économie des pays africains c’est l’informel. En Afrique de l’Ouest, l’informalité est une réalité au vu de son poids. Ce sont pour la plupart des économies qui se caractérisent par un sous-emploi, l’insuffisance de la demande effective. De ce point de vue, toutes mesures de confinement (partiel, mobil, total…) se transforment très rapidement en confinement des revenus et un tarissement des ressources. En réalité, elles sont victimes de cercle vicieux de la pauvreté (Nurske) ou sont en situation d’équilibre de la pauvreté (Galbraith) qui fait qu’il est vital alors de mettre l’économie informelle au cœur des politiques publiques à l’échelle continentale.
Comment s’en sortir de cette situation qui perdure?
Pour pallier à tout cela, il urge de repenser un modèle économique de développement fondé sur des stratégies de développement que nous recommandons sur trois points; des stratégies de développement à partir de trois (3) politiques d’industrialisation dite par promotion des exportations soit par substitution d’importation accompagnée d’un certain protectionnisme dans les secteurs concernés soit par substitution d’exportation basée sur le développement d’une industrie nationale; la création d’entreprises publiques, la planification et l’intégration économique régionale, notamment sur le plan industriel pour remédier au problème de l’étroitesse du marché; l’augmentation du degré d’industrialisation de l’agriculture ; un véritable programme de développement agricole afin de remédier à la priorité accordée à l’industrie (lourde) considérée comme activité novatrice et moteur de développement au détriment de l’agriculture considérée comme dynamique passant par l’accroissement de la productivité, les réformes agraires, le développement rural…. Somme toute, le grand exercice à réussir et sur lequel est attendu les grands leaders de ce continent subsiste dans le choix d’un développement autocentré ou d’un développement extraverti dès lors que nous savons qu’il s’agit aujourd’hui d’une désarticulation de nos économies et que nous savons également que la croissance du secteur moderne ne se propage pas au secteur traditionnel.
LA FAUSSE NOTE DE MOODY’S
L’agence de notation met la note du Sénégal à la baisse dans l’éventualité d’une situation qui ne s’est pas encore produite. Une aberration dont on peut difficilement prétendre qu’elle serait le fait d’une erreur technique
En signalant aux bailleurs des fonds que la note du Sénégal est susceptible d’être dégradée par cette agence, Moody’s va corser les conditions d’accès du Sénégal à des finances à des taux favorables. Or, comme le fait remarquer la note du ministère des Finances, la signature du Sénégal n’a jamais été prise à ce jour, en défaut par rapport à ses obligations extérieures. Donc, la question est, à quel jeu joue Moody’s ?
L’agence de notation Moody’s met la note du Sénégal à la baisse dans l’éventualité d’une situation qui ne s’est pas encore produite. Une aberration dont on peut difficilement prétendre qu’elle serait le fait d’une erreur technique. Les analystes de l’agence semblent reprocher au gouvernement du Sénégal d’avoir sollicité de bénéficier de l’Initiative du G20 de suspension du service de la dette (Issd), du fait des dépenses induites par la lutte contre la pandémie Covid-19.
Or, si le G20, qui soit dit en passant est encore en train d’étudier la demande du Sénégal, a souhaité que les créanciers privés s’engagent également dans ce mécanisme, le Sénégal a réaffirmé avec force qu’il est toujours prêt à honorer sa signature. Et tous les observateurs reconnaissent que c’est juste une seule année, au cours des horribles années des Plans d’ajustement structurel (Pas) que, frappé par la sécheresse, le gouvernement de Abdou Diouf avait fait défaut à sa signature. Mais depuis près de 40 ans, cette situation ne s’est plus jamais reproduite.
Dès lors, placer la note du Sénégal en «revue pour dégradation», pour reprendre les termes de Moody’s, n’est-ce pas un signal envoyé aux bailleurs privés pour leur indiquer de se méfier de la signature du pays ? Et cela, au moment où tout le monde est conscient que le pays aura nécessairement besoin de liquidités pour espérer relancer ses projets mis à l’arrêt par le Covid-19, et redémarrer son secteur productif. Sans oublier les urgences sanitaires à prévoir, alors que le pic de la maladie continue de narguer l’optimisme de façade des autorités politiques ?
On peut comprendre que le gouvernement du Sénégal, qui a besoin de se faire bien voir par ses partenaires financiers, décide de relativiser le message envoyé par Moody’s. Il est néanmoins conscient qu’il est désastreux vis-à-vis des bailleurs.
On se demande quels intérêts les analystes de Moody’s, qui ne sont pas plus intelligents que les fonctionnaires qui travaillent aux ministres de l’Economie ainsi que des Finances et du Budget, cherchent à préserver en mettant des bâtons dans les roues du Sénégal. Nul n’ignore que le pays va vers des lendemains difficiles. Il n’est pas besoin d’une agence de notation pour assombrir encore plus notre horizon. Ou alors devrait-on leur rappeler leurs exploits, avec les notations fantaisistes servies aux banques américaines lors de la crise des Subprimes en 2007-2008 ?
Les services du ministère des Finances tentent de rassurer leurs partenaires en relevant que l’autre agence de notation, Standard & Poor’s (S&P), maintient toujours sa confiance en la signature du pays, et fixe sa note à B+ stable, l’une des meilleurs de la sous-région ouest-africaine, à l’instar de la Côte d’Ivoire.
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L'ÉCO, ENCORE UNE MONNAIE COLONIALE
Entretien avec Ndongo Samba Sylla, économiste et Martial Ze Belinga, économiste et sociologue animé par Chrystel Le Moing
Entretien avec Ndongo Samba Sylla, économiste et Martial Ze Belinga, économiste et sociologue animé par Chrystel Le Moing. Cette émission est produite par le secteur international du Parti communiste français avec la fondation Gabriel Péri.
Par Abdou Karim FOFANA
LE LITTORAL, L’HUMAIN ET L’ACTION PUBLIQUE
Si nous voulons un développement harmonieux et durable de notre pays, nous devons éviter de nous émouvoir de manière populiste à propos de l’investissement étranger et accepter d’accueillir les porteurs de projets d’où qu’ils puissent venir
La gestion du littoral de notre pays et, plus particulièrement, de la corniche de Dakar occupent depuis quelques jours le devant de l’actualité. Dans une époque dominée de plus en plus par le futile, l’éphémère, l’instantané, la recherche de sensationnel, je me réjouis qu’un sujet aussi important occupe une telle place dans le débat public. Il faut cependant constater que la discussion de fond entre personnes engagées dans la seule bataille qui vaille dans notre démocratie: celle des idées, se trouve néanmoins pollué par des gens dont l’unique motivation est de substituer à la pensée mère de l’action, les petites querelles politiciennes. Afin de contribuer à remettre au centre des préoccupations la réflexion fécondante, je propose un retour à la sérénité et un recours aux faits. Pour cela, il me semble important de convoquer l’histoire.
LA REGLEMENTATION A TRAVERS L’HISTOIRE
L’Etat du Sénégal a aujourd’hui soixante ans d’existence et les tentatives d’organisation de l’occupation de son littoral sont plus vieilles que son accession à la souveraineté internationale. Le transfert de la capitale de l’Afrique Occidentale Française de Saint-Louis à Dakar, en 1902, a permis l’élaboration du premier Plan Directeur d’Urbanisme (PDU) pour Dakar en 1946, par Lopez, Gutton et Lambert, qui sera modifié en 1957 puis remplacé par celui de 1967 dénommé Plan Ecochard. Sur cette base un Plan d’Urbanisme de Détails (PUD) a été élaboré pour la corniche de Dakar et approuvé par décret. Ses principales orientations étaient l’interdiction de prise de possession d’assiettes et l’autorisation d’installations précaires et révocables ou de constructions légères et démontables. Vingt ans après le Plan Ecochard - durée de vie d’un PDU - une révision a été entamée dans les années quatre-vingt. Le PDU de Dakar horizon 2001 reprenait dans ses grandes lignes celui de 1967 surtout pour ce qui concernait les zones de la commune de Dakar dont le bâti était déjà dense et la morphologie quasi définitive. Ce plan n’a pas été approuvé par décret. Durant cette période, a été construite dans le périmètre de la future commune de Dakar Plateau, sur la corniche ouest, la première maison qui surplombait l’atlantique marquant le début de l’agression de cette zone dont la convoitise introduisit rapidement une forme de compétition.
En 2000, le PDU de Dakar de 2001 est remplacé par celui fixé à l’horizon 2025, suite logique des plans successifs qui ont défini, selon les époques, les grandes lignes du développement physique de l’agglomération dakaroise. Deux ans plus tard, le ministre de l’Urbanisme etde l’Aménagement du territoire mettait en place, par arrêté ministériel n°529 en date du 22 janvier 2002, la Haute Autorité pour l’aménagement de la corniche de Dakar.
AUTORISATIONS DELIVREES PAR DES OPPOSANTS
Entre 2002 à 2012, des aménagements sur la route de la corniche ont été réalisés décuplant l’intérêt pour une zone déjà très convoitée. De nouveaux hôtels sont construits, ceux déjà existants sont rénovés voire agrandis et des maisons sortent de terre suite au déclassement de certaines parties et malgré l’élaboration d’un PUD, certes non approuvé par décret, ainsi que la révision de plusieurs règlements particuliers d’urbanisme en rapport avec la corniche. On peut citer les règlements particuliers de la zone des Almadies, de Dakar-Plateau et du Point E qui bénéficiaient d’un décret d’approbation. Les baux, durant cette décennie, ont été octroyés et les autorisations de construire délivrées par des autorités gouvernementales et des maires membres d’organisations politiques aujourd’hui adversaires de notre majorité. En effet, la procédure en la matière obéit aux étapes suivantes : un décret de déclassement pris par le président de la République sur avis favorable d’une commission dirigée par le gouverneur territorialement compétent, un avis favorable de la Commission de Contrôle des Opérations domaniales (CCOD), la délivrance d’un bail par les services des domaines, un examen des plans de construction par les services d’urbanisme, une autorisation de construire par le maire de la commune concernée. L’action du président Macky Sall En 2012, à la faveur de l’élection du président Macky Sall, une procédure de révision a permis la production du PDU de Dakar et ses environs, horizon 2035, caractérisé par une approche inclusive tenant compte des aspects liés aux concepts de villes durables et résilientes. Faisant preuve d’exemplarité, le chef de l’Etat a rendu une parcelle qui lui avait été attribuée sur la corniche, a retiré un titre délivré à un pays ami pour la construction d’une résidence diplomatique, s’est rendu sur la corniche pour constater la situation et a demandé à l’Ordre des architectes de lui proposer un projet d’aménagement qui est attendu depuis 2014. Sa détermination à apporter une solution définitive s’est parfois heurtée à la multiplicité des acteurs et à leurs difficultés à travailler en synergie. Au-delà du littoral, le président Sall est sensible aux défis environnementaux tels que la pollution marine - le vote de la loi sur l’interdiction du plastique est aussi lié à cette préoccupation -, la dépollution de la Baie de Hann dont le financement est ficelé ainsi que la reforestation.
ORGANISER L’OCCUPATION
Il faut rappeler que nous avons, à travers l’histoire, toujours eu des populations habituées à vivre en bord de mer : les pêcheurs tioubalo peulh, niominka sérère, lébou, certains habitants historiques de zones côtières etc. Il y a aussi des occupations d’ordre économique, d’utilité publique et d’intérêt général. La réalisation de réceptifs hôteliers est, par exemple, importante pour le tourisme, secteur qui contribue de manière significative au PIB national et dont l’apport sera encore plus déterminant en cette période de relance économique liée à la Covid19. Le problème réside surtout dans les affectations privées concédées, parfois au mépris de la loi, qui sont à dénoncer et à combattre. Se lancer, aujourd’hui dans des actions punitives ne relève pas du bon sens. Nous avons assez d’espace pour rendre accessible la corniche. Il est impossible de ne pas l’occuper. Il faut organiser, aménager les parties non occupées. Il y a une occupation égoïste et une occupation d’intérêt public équitable quant à l’accès des populations à la mer. Des centres commerciaux de Copa Cabana, par exemple, aux hôtels de La Rochelle en passant par les aménagements payants de la corniche d’Abu Dhabi, tous les pays disposant d’un atout littoral l’exploitent selon des ratio hôtels - accès public - plages de pêcheurs - aménagements etc. L’enjeu réside dans l’optimisation de cette exploitation.
ACCUEILLIR L’INVESTISSEMENT EXTERIEUR
Si nous voulons un développement harmonieux et durable de notre pays, nous devons éviter de nous émouvoir de manière populiste à propos de l’investissement étranger et accepter d’accueillir les porteurs de projets d’où qu’ils puissent venir. Cela, quitte à exiger légalement une participation, jusqu’à un certain niveau, de privés nationaux dans tout investissement venu de l’extérieur. A défaut, le Sénégal sera une terre d’opportunités non exploitées et un terrain de chasse pour les spéculateurs. Dans les années 2000, on a beaucoup parlé de scandales fonciers supposés. Celui lié à des investissements à Mbane avait, par exemple, connu un grand retentissement. Aujourd’hui, malgré les supposés déséquilibres évoqués dans les modalités de concession à certains privés, cette commune est devenue une grande plateforme où des opérateurs venus d’autres parties du monde réalisent une production agricole de qualité. Les populations travaillent avec eux dans une harmonie parfaite et un développement économique local inspirant. A côté de l’agriculture familiale et vivrière, un tel modèle est à promouvoir, dans le respect strict des règles garantissant l’intérêt national et sans se soucier de la propagation de fake news et de faits alternatifs inhérents à notre époque.
ESQUISSE D’UN FUTUR HARMONIEUX
Après avoir convoqué l’histoire, il nous faut ainsi esquisser le futur, faire une projection sur l’avenir de notre corniche et de notre littoral. Ma conviction est que la prise en charge de cette question nécessite, après l’état des lieux physiques déjà effectué et la concertation ouverte avec les acteurs, l’adoption de mesures prioritaires que sont : la signature d’un décret déclarant d’utilité publique l’aménagement etla restructuration de la corniche, prescrivant les mesures de sauvegarde et autorisant l’élaboration d’un nouveau Plan d’Urbanisme de Détails, l’élaboration du Plan participatif d’aménagement et de développement durable de la corniche ouest, la mise en œuvre du projet d’aménagement et de restructuration de la corniche ouest. Ces mesures nécessaires rentrent dans une vision voulant que la corniche de Dakar et, de manière générale, nos 760 kilomètres de littoral soient préservés afin de confirmer le constat de l’architecte allemand Jochen Brandi qui, rapporte mon ami Moctar Ba, président de la Plateforme pour l'Environnement et la Réappropriation du Littoral, ébloui par ses formes remarquables, estime que le potentiel de la corniche de Dakar va bien au-delà de Central Park à New York, du Bois de Boulogne à Paris ou des 3000 parcs pour les trois millions d'habitants de la ville de Vienne.
RENFORCER L’ACTION PUBLIQUE
Sans une action publique forte, sans détermination politique, il sera impossible d’exploiter efficacement ce potentiel. L’action de la société civile et des lanceurs d’alerte est utile. Cependant entre les manipulations et, parfois, les tergiversations politiques, nous risquons de tuer l’action publique. Si nous laissons la responsabilité de cette action à des lanceurs d’alerte souvent peu ou mal informés des tenants et aboutissants et en proie, de bonne foi, aux manipulations, nous la tuons. Les hommes politiques n’auront plus d’utilité puisque la dictature de l’opinion sans preuves et de l’émotion facile leur fera fuir la responsabilité de rétablir les faits et de poser des actes pour le mieux-être de tous. Il s’agit là d’un défi générationnel. Nous avons été élus pour mettre en œuvre des politiques publiques. Nous devons avoir le courage de dire aux populations la vérité, de les informer sur l’intérêt véritable de notre pays. L’Etat a le devoir d’être transparent, organisé, méthodique mais l’Etat ne doit pas manquer de volonté pour réaliser des projets utiles à l’en commun. Ma vision est qu’il nous faut bâtir des villes où l’humanité fait sens, des villes qui se soucient de l’humain dans l’urbain. Cela passe par la valorisation de nos meilleurs atouts. Il nous faut planifier la ville en concevant les espaces publics et les usages comme lieux de créativité et d’inclusion, la construire dans une continuité de temps et d’espace en agissant sur la forme urbaine et en anticipant sur les extensions urbaines, la définir comme un bien commun.
par Mody Niang
LUTTE CONTRE LA CORRUPTION, LE SÉNÉGAL TRAÎNE LOURDEMENT LES PIEDS
Dans ce pays, la corruption est nourrie au sommet de l’État - Le décret nommant Mansour Faye et le ‘’vrai-faux’’ qui a créé ‘’l’honorariat’’ pour les anciens présidents du CESE se disputent l’indécence et l’absence d’éthique
Par notre comportement de tous les jours, nous Sénégalaises et Sénégalais, donnons raison au vieux président-politicien qui, fort d’une certaine conviction, nous a gouvernés à sa guise et souvent avec mépris pendant douze longues années. Cette conviction était fondée sur la certitude que nos mémoires étaient courtes. Il disait exactement ceci, au cours d’un bureau politique ou son équivalent : « Senegale, boo ko laaje lu mu réere biig du la ko wax, te gëmul ludul nguur ak xaalis. » En français, il le dirait ainsi : « Le Sénégalais a la mémoire courte et ne croit qu’à l’argent et aux honneurs. » Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il a parfaitement raison. Dans toute grande démocratie, dans seulement tout pays sérieux, les graves forfaitures qui ont jalonné sa longue et infecte gouvernance lui auraient valu les pires déboires judiciaires[1]. Au lieu de cela, les foules continuent de courir derrière lui et nombre de journaux lui réservent encore leurs ‘’Une’’.
Voilà huit ans qu’il a quitté le pouvoir et son digne successeur se fait la même conception de nous et mène exactement la même nauséabonde gouvernance. Nous constatons que, depuis le 2 avril 2012, son installation officielle, les scandales succèdent aux scandales, aussi graves les uns que les autres, sans susciter la moindre indignation du peuple. Les plus récents crèvent nos yeux et nous percent les tympans. Ce sont, naturellement, la gestion des milliards destinés à l’aide des populations démunies laissée à son beau-frère, le très contesté contrat liant la Senelec à Akilee, les dizaines de licences de pêche accordées en dehors de toute réglementation à des bateaux chinois qui pillent sans état d’âme nos maigres ressources halieutiques, ce vrai-faux décret qui accorde de façon indécente des privilèges exorbitants aux anciens présidents du Conseil économique, social et environnemental (CESE).
Il y a eu une période où les partenaires dits techniques considéraient le Sénégal comme un exemple de bonne gouvernance et de démocratie. C’était très mal connaître nos réalités. Á supposer qu’ils aient eu raison, le Sénégal marque le pas et se fait distancer par nombre d’autres pays. Parmi eux, je ne citerai pas le Botswana et la République des Îles du Cap-Vert qui sont loin, très loin devant nous. Je prendrai plutôt des exemples encourageants de pays considérés jusqu’ici comme corrompus ou très corrompus.
Je partirai du Burkina Faso, qui n’est pas considéré d’ailleurs comme un pays très corrompu, peut-être même pas corrompu, mais l’exemple est fort intéressant. Un ex-ministre de la Défense, Jean-Claude Bouda, a été arrêté et écroué à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou. C’était le mardi 26 mai dernier. Selon Yaya Boudani, correspondant de RFI à Ouagadougou, tout est parti d’une plainte du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) pour « délit d’apparence et enrichissement illicite ». Suite à cette plainte, l’ex-ministre a été auditionné puis directement transféré à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou.
Les déboires de l’ex-ministre ont commencé, en décembre 2018, par des photos d’une luxueuse villa qui font le tour de la Toile et qui serait la propriété de l’ex-ministre de la Défense. Après quelques mois d’enquêtes, le REN-LAC dépose une plainte pour des faits de « délit d'apparence, d’enrichissement illicite, de fausses déclarations d'intérêts et de patrimoine », entre autres. La luxueuse villa, dont le coût est estimé à près de 500 millions de francs CFA, n'apparaissait nulle part dans la déclaration des biens de l’ex-ministre à sa nomination au sein du gouvernement. Et le REN-LAC estime, qu’en tous les cas, « les ressources qu’il avait déclarées ne pouvaient non plus lui permettre une telle acquisition ». De source judiciaire, il est poursuivi pour « faux et usage de faux, blanchiment de capitaux et délit d'apparence ». Pas seulement. Son nom est également cité dans d’autres dossiers pour lesquels aucune plainte n’est pour le moment déposée.
Une villa de 500 millions de francs CFA considérée comme très luxueuse et ne figurant pas dans la déclaration de ses biens au moment où il entrait dans le gouvernement ! Une telle villa, c’est mille fois rien au Sénégal. Dans les quartiers comme l’ancienne Zone de captage et l’ancienne réserve foncière de la Foire de Dakar, l’ancienne Bande verte qui longeait la Voie de Dégagement Nord (VDN), la Cité Kër Góor gi (qui porte bien son nom), la Cité des Mamelles et des quartiers alentours, le Domaine public maritime de plus en plus privatisé, on trouve des milliers de villas et d’immeubles devant lesquels la luxueuse villa de l’ex-ministre burkinabè est une case. Parmi ces villas et ces immeubles, il y en a – et ils sont nombreux –, dont des observateurs avertis estiment les coûts à un, deux, trois, quatre milliards de francs CFA ou plus. Ce qui est insoutenable, c’est que ces villas et immeubles appartiennent à des fonctionnaires qui ne comptent pas parfois plus de dix ans d’ancienneté, et à des Sénégalaises et Sénégalais qui, avant le 1er avril 2000 et le 2 avril 2012, auraient bien du mal à se construire une maison de deux millions de francs. Et encore ! On imagine donc aisément le fossé qui existe entre la gouvernance au Burkina Faso et celle qui prévaut chez nous surtout depuis le 1er avril 2000.
L’autre exemple aussi encourageant, me vient du Bénin où un procureur, celui de Kandi, est mis en examen pour «intelligence avec un groupe terroriste». Il n’était pas seul d’ailleurs : le procureur de la République, le premier substitut et le commissaire par intérim de la même ville, ont été placés sous mandat de dépôt, pour « intelligence avec un groupe de terroriste, abus de fonction et corruption ». Tout est parti, selon RFI, de l'arrestation d'un suspect présenté comme un agent de renseignement d'un groupe de terroristes dans le Parc W, partagé par le Niger et le Burkina Faso. Le procureur de Kandi reçoit le dossier, le traite et le classe sans suite. Ce qui suscite l’indignation de ceux qui ont interpellé le suspect. Ils informent leur hiérarchie et les choses vont vite : les magistrats sont alors soupçonnés d'intelligence avec les terroristes, notamment de corruption, inculpés et placés sous mandat de dépôt. Une telle fermeté, une telle objectivité dans le traitement d’un dossier judiciaire de ce niveau, nous éloigne de notre pays.
Un autre exemple, vraiment inimaginable dans ce Sénégal de Macky Sall celui-là, avec les deux précédents d’ailleurs, me vient de la République démocratique du Congo (RDC). Oui, de la RDC. Il s’agit d’un procès inédit dans ce pays, celui du Directeur de cabinet du chef de l’État Félix Tshisekedi. Il s’agit de Vital Kamerhe, son principal allié, qui s’était désisté avant l’élection présidentielle du 30 décembre 2018 en sa faveur, élection qu’il a remportée, même avec beaucoup de contestations, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Vital Kamerhe n’est pas seulement l’allié, le Directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, mais il était au cœur du landerneau politique depuis vingt ans. Malgré tout, son procès anticorruption s’est ouvert le 11 mai 2020, après une détention préventive depuis le 8 avril 2020. Il était poursuivi, avec deux autres personnes, pour le détournement présumé de 50 millions de dollars, soit l’équivalent d’environ 46 millions d’euros. Cet argent était destiné, selon les observateurs, à la construction de maisons sociales préfabriquées, donc à l’intention des Congolais les plus modestes. On retiendra aussi, que lors de l’audience retransmise par la chaîne d’État RTNC, M. Vital Kamerhe « est apparu les traits tirés, barbe grisonnante, vêtu de la tunique jaune et bleue propre aux détenus de la prison centrale de Makala où se tient le procès ». Il n’est pas au bout de ses peines car, dans son réquisitoire, le procureur de la République réclame vingt (20) ans de travaux forcés pour détournements de deniers publics et quinze (15) de prison pour corruption. La délibération du juge est attendue le 20 juin 2020 (RFI, journal parlé de 6 heures 30 du vendredi 12 juin dernier).
Ce procès n’était pas passé inaperçu. Il était couvert notamment par Le Monde, l’AFP, l’Agence Reuters. Les experts du Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’université de New York le résument ainsi : « Jamais dans l’histoire politique congolaise de ces deux dernières décennies, un acteur aussi important de la scène politique ne s’est retrouvé derrière les barreaux ». Un tel procès ne verra jamais le jour au Sénégal, tant que Macky Sall y sera président de la République. Au contraire, les plus gros pilleurs de deniers publics y sont promus à des postes stratégiques où ils continuent tranquillement leurs forfaitures.
Le dernier exemple extérieur que je propose aux lecteurs, serait considéré chez nous comme sensible parce que touchant à la sécurité nationale, comme « secret défense », quelle que soit sa gravité. L’exemple se passe au Niger, en guerre contre des djihadistes. Dans cette perspective, l’armée a passé de gros marchés d’armes dans des conditions peu orthodoxes. L’affaire, qui touche directement le ministère de la Défense nationale (MDN), fait état de graves malversations qui mettent les réseaux sociaux dans tous leurs états. D’énormes sommes d’argent – on avance jusqu’à 1700 milliards de francs CFA –, auraient pris d’autres destinations, allant nourrir peut-être les comptes en banque de quelques personnels politiques et militaires ou ont servi à construire de villas de haut standing. Pour en avoir le cœur net, le nouveau ministre de la Défense nationale, M. Issoufou Katambé, ordonne une enquête. Les inspections et les audits qu’il a diligentés révèlent de pratiques malsaines qui sont à la base de l’évaporation de tous ces milliards dont on ne trouve aucune trace sur le terrain. Le rapport d’audit, même provisoire, a permis au ministre Katambé de découvrir, entre autres forfaits, qu’une commande d’entretien d’avions a été faite pour le compte d’une entreprise qui n’existe que dans l’imagination de ses auteurs pour un coût de 1,9 milliard, alors que la commande, reprise, ne devait coûter à l’État que 900 millions, avec des entreprises réelles et justifiant d’une expérience avérée. Pire, avant que la prestation ne soit faite, le 1,9 milliard FCFA a été sorti du Trésor national. C’est également le cas de deux hélicoptères de transport de troupes, commandés paraît-il sous Kalla Moutari (ancien ministre), mais jamais livrés.
Ces deux hélicoptères d’un coût de 30 millions de dollars ont été surfacturés à 47 millions de dollars. Le manque à gagner pour l’État s’élèverait à près de 100 milliards de francs CFA. L’audit a mis en cause plusieurs personnes pour surfacturation et non-livraison de matériel militaire. De lourds soupçons pèsent ainsi sur certains gradés de l’armée nigérienne comme sur des hommes politiques, membres influents du Parti nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS), parti au pouvoir, ainsi que des hommes d’affaires. Ces derniers ont voulu d’ailleurs trouver un arrangement et payer en douce les milliards illicites qu’ils ont encaissés. Les magistrats ont alors tapé sur la table et l’affaire suit son cours.
Ce qui est remarquable, le président de la République Issoufou Mahamadou n’a pas encore levé le plus petit doigt et laisse faire. Que nous sommes loin du Sénégal de Macky Sall où le gouvernement a acheté et déployé un nouveau matériel militaire, notamment des chars de combat et des hélicoptères probablement pour des centaines de milliards de francs CFA, et peut-être bien plus. Dans quelles conditions ? Nous ne le saurons jamais, en tout cas tant que le président-politicien régnera sur le pays. Notre ministre des Forces Armées ne s’aventurerait jamais, comme son homologue nigérien, à s’intéresser aux conditions dans lesquelles nos différents armements sont achetés, depuis le 2 avril 2012. Ni lui, ni la Cour des Comptes, ni aucun autre organe de contrôle. Pourtant, le candidat Macky Sall nous avait promis fermement que la Cour des Comptes vérifierait la gestion de toutes les institutions en les citant : présidence de la République, Assemblée nationale, Cours et tribunaux, Armée nationale, etc. En tout cas, quand on lit les deux tomes du livre du Colonel Abdoul Aziz Ndao, on peut se poser légitiment des questions sur l’achat de différents matériels par nos armées. Nous n’aurons jamais, malheureusement, de réponses à ces questions, avec un Macky Sall à la tête de notre pays.
Je pouvais continuer de donner d’autres exemples de pays qui font des efforts dans le sens d’une meilleure gouvernance, notamment en luttant efficacement contre la corruption et en promouvant la transparence dans la gestion des affaires publiques. Dans ce pays de Macky Sall, au contraire, la corruption est nourrie et entretenue au niveau le plus élevé de l’État. Ce qui se traduit, au quotidien, par une succession de scandales aussi graves les uns que les autres.
Le président français, Emmanuel Macron, a demandé aux présidents de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental (qui n’a rien à voir avec le nôtre), de lui proposer des priorités d’actions pour la suite du quinquennat. Il a aussi annoncé la création prochaine d’une commission indépendante chargée d’évaluer la gestion de la crise du Coronavirus par l’Exécutif (CNews du 5 juin 2020). Cette commission ne verra jamais le jour au Sénégal. Mansour Faye en est tellement convaincu qu’il se moque de nous en déclarant qu’ « il a le devoir, l’obligation de rendre compte ». La nomination de cet homme à la tête de son ministère (du ciel, de la terre, des eaux et de l’air que nous respirons) est l’un des plus gros scandales de l’infecte gouvernance du président-politicien. Le décret qui l’a nommé et le ‘’vrai-faux’’ qui a créé ‘’l’honorariat’’ pour les anciens présidents du CESE se disputent âprement l’indécence et l’absence totale d’éthique.
En particulier, la nomination de cette dame comme ‘’présidente honoraire’’ du CESE et les avantages exorbitants y afférents est une honte, un crime, un acte immoral. Nous savons quand même qui est cette dame et par où elle est passée. Je n’insiste pas sur les quarante-deux milliards de francs CFA qu’elle a gérés à sa convenance pendant les six ans qu’elle est restée présidente du CESE. Pour se faire une idée de son pillage présumé de nos maigres deniers à ce niveau, je renvoie le lecteur intéressé à la vidéo que ‘‘Xalaat TV’’ lui a consacrée. Ce ne sera pas tout d’ailleurs. Des compatriotes sont en train de fouiller dans son odyssée politique pour mettre éventuellement en évidence les fautes de gestion parfois lourdes qui auraient jalonné ce long parcours. Je crois que je jouerai ma modeste partition dans cette initiative citoyenne, dont les résultats devraient amener le président-politicien à renoncer à son ‘’vrai-faux’’ décret, si toutefois il est à la hauteur de la fonction qu’il est censé incarner.
[1] Sa seule boulimie foncière à nulle autre pareille y suffirait largement.
Par CALAME
TERRE MEURTRIE
Le chef de l’Etat semble adopter la politique de l’autruche, réfugié derrière ses incantations, dans une attitude de « laisser faire, laisser dire » interprétée par son entourage comme une caution, un permis de prédation. Jusqu’à quand ?
C’est le tout nouveau quotidien « l’INFO » lancé , il y a juste une dizaine de jours, le 2 juin dernier par notre excellent et chevronné confrère Mamadou Thierno Talla qui nous l’apprend par un titre barrant la Une du Journal. Mame Boye Dialo, directeur des domaines offre un terrain d’une contenance de 5000 mètres carrés, c’est à dire un demi hectare à un ministre.. Sud quotidien a rebondi sur l’information pour enquêter sur l’identité de l’heureux bénéficiaire de cette largesse du prodigue directeur des domaines. Résultat des courses, un nom revient comme un leitmotiv, celui d’un certain Abdoulaye Daouda Diallo. Sauf homonymie trompeuse, le plus connu reste celui qu’une certaine presse snobinarde désigne par ses initiales ADD, par ailleurs ministre de l’Economie et des finances de la République du Sénégal.
S’il se confirme qu’il est le véritable bénéficiaire de cette « attribution « dans la zone des filaos de Guédiawaye, cela voudra dire que le directeur des domaines a vraiment refilé à son patron et néanmoins rival un cadeau empoisonné, scellant des retrouvailles après une brouille arbitrée au sommet. D’abord, ce geste illustre à suffisance l’irresponsabilité, le mépris des gouvernants de la préservation du cadre de vie et du patrimoine des gouvernés, la frénésie dans la course à l’accumulation et l’accaparement de biens quels que soient le moyen et le mode d’acquisition .S’il y a erreur sur la personne, un démenti catégorique est opportunément attendu comme la publication de la liste des attributaires des terres arrachées à la bande des Niayes et aux populations serait une manifestation de transparence pouvant ouvrir la voie à des recours de la part des citoyens soucieux de défendre l’environnement. L’agression et le pillage systématique des terres du littoral, notamment, sur cette bande des Niayes s’étend de la région naturelle du Cap-Vert ( Dakar, banlieues et agglomérations) à Saint Louis interpellent à la fois l’Etat et les populations.
En effet, la bande côtière des Niayes large d’une trentaine de kilomètres est constituée de dunes fixant la mer et de dépressions inter dunaires propices au maraîchage sur près de 300 km, Jusqu’à la frontière Nord-ouest entre le Sénégal et la Mauritanie. Le régime socialiste ayant souscrit aux 26 principes de la déclaration de Stockholm, au plan d’action de 109 recommandations ,dont la volonté d’implémentation a été concrétisée par la création du Programme des Nations Unies pour l’environnement, s’est doté d’un ministre de la Protection de la Nature dès cette époque, connu actuellement sous la dénomination de Ministère de l’Environnement .Dans son approche multisectorielle et pluridisciplinaire, le Sénégal a prôné une politique hardie et avant-gardiste de veille écologique ( Centre de suivi écologique, établissements classés, étude d’impact environnementale avant toute implantation)de reboisement à grande échelle, de protection des forêts et du littoral.
C’est fort de cette orientation qui, il faut le souligner, a connu des fortunes diverses et des manquements criants, qu’un programme de boisements et de fixation des dunes par la plantation d’une bande de filaos pour lutter contre l’érosion côtière et la préservation du cadre de vie et des activités économiques des populations riveraines de cette façade atlantique nord-ouest .les objectifs de ce rideau de filaos consistant à fixer les dunes, lutter contre l’avancée de la mer, protéger contre les vents( brise vents) tout en améliorant la qualité de l’air sont ainsi annihilés par ceux-là qui ont la charge de consolider et de développer les acquis. Ces agissements constituent la négation et le reniement des engagements du Président de la République qui a instruit à plusieurs occasions son gouvernement de veiller à la préservation de la bande de filaos et de lui en faire rapport ( conseil des ministres,20 janvier 2016, ) , »de veiller à la préservation stratégique du littoral national, notamment de la bande des filaos et des cordons dunaires » ( conseil des ministres du 20 juillet 2016).
Enfin, le Président, réitérait ses instructions en demandant au Premier ministre de « lui faire un rapport circonstancié sur la situation foncière et immobilière le long de la bande des filaos qui fait l’objet d’une grande convoitise, suite à la réalisation de la nouvelle voie de dégagement nord (VDN) Conseil des ministres 30 novembre 2016 ».
Trois injonctions du Président de la République à son gouvernement dans la même année ! < Il a fallu des alertes répétées y compris des bailleurs de fonds pour que le chef de l’Etat étale ses préoccupations sur les crimes écologiques et environnementaux perpétrés contre les populations et leurs cadres de vie par des pseudos industriels, des promoteurs et spéculateurs immobiliers adoubés par la haute administration et ses démarcheurs.
Effets d’annonce destinés à calmer les esprits ou incapacité de faire respecter ses décisions par les (i) responsables qu’il a lui-même Indûment promus à des fonctions qui dépassent leurs compétences et leur engagement à servir ? En tout état de cause, ce dernier coup de canif révélé par le quotidien l’Info n’est qu’un écran de fumée qui cache mal la destruction et la spoliation systématiques de cette « zone stratégique nationale « dont parlait le Président . Dans le cas d’espèce, comme dans d’autres, des ministres ont aliéné le patrimoine et les ressources de la collectivité sans conséquences, autre qu’une promotion dans des fonctions plus valorisantes et plus « juteuses ». La caste des inspecteurs des impôts ,des docteurs « es titeurs » des MBA (MasterCard of Business Administration,)ayant remplacé du jour au lendemain de la première alternance, les administrateurs civils qui alternent au ministère de l’Economie et des Finances et de ces grandes directions pourvoyeuses de ressources et de prébendes accentuent leur mise en coupe réglée du pays .Le Chef cependant, semble adopter la politique de l’autruche, ne rien voir, réfugié derrière ses incantations, dans une attitude de « laisser faire, laisser dire »interprétée par des membres de son gouvernement et de la haute administration comme une caution, un permis de prédation. Jusqu’à quand ?
UNE ÉMISSION DE LIKA SIDIBÉ
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L'ADMNISTRATION SÉNÉGALAISE GANGRÉNÉE
EXCLUSIF SENEPLUS : Les cadres sont rétifs à la reddition des comptes - Tout est fait dans la nébulosité et sous le modèle colonial - Les corps de contrôle restent amorphes et l'Etat excessivement politisé - AU FOND DES CHOSES AVEC CHEIKH FAYE
Selon Cheikh Faye, professeur au département des sciences économiques et administratives de l’Université Chicoutimi au Québec, le débat sur l’honorariat des anciens présidents du CESE est illustratif de la déliquescence de l’Etat. Cela se caractérise entre autres, par la non publication au journal officiel d’actes réglementaires, la récompense d’une clientèle politique, une gestion clanique et familiale du pouvoir et un président de la République qui viole constamment la constitution.
L'invité de Lika Sidibé, auteur d'un article publié sur SenePlus et intitulé le Sénégal malade de son élite politico-administrative, propose une moralisation de l’Etat à travers un schéma où l’éthique, la transparence et la reddition des comptes occuperont une place centrale. Il propose aussi de dépolitiser l’administration et de déconstruire le modèle français toujours en vigueur 60 ans après les indépendances.
Le professeur Cheikh Faye est l’invité de Lika Sidibé dans l’émission Au fond des choses.